Le pays de Nelson Mandela va mal. Jacob Zuma vient de rendre le tablier après neuf ans à la tête de l’Afrique du Sud. Une seconde démission dans l’histoire de la nation arc-en-ciel, suite à celle de Thabo Mbeki, le 21 septembre 2008.

Le 14 février 2018 restera éternellement gravé dans la mémoire de mes frères sud-africains. Ils retiendront que ce jour-là, Jacob Zuma, leur président, a démissionné. Il est  vrai que ce n’est ni la première encore moins la dernière fois qu’un chef d’Etat africain démissionne. Mais pour moi, jeune africain,  fasciné par le passage sur terre de Nelson Mandela, je suis meurtri par les couleurs que prend l’arc-en-ciel en Afrique du Sud.

Nelson Mandela représente à mes yeux un véritable symbole. Je me suis toujours dit que mes frères sud-africains ont de la chance de compter ce personnage historique dans leur rang. « Madiba » avait sûrement ses défauts mais il a su comprendre que faire la politique c’est se dévouer à la cause des autres, surtout des plus faibles. Les portes de la geôle lui ont grandement ouvert les bras à cause de ce choix. Pourtant, l’homme n’a nullement été ébranlé par vingt-sept années de prison.

Incarcéré parce qu’il voulait d’une Afrique du Sud où Blancs et Noirs pourraient rire et pleurer ensemble, Mandela a continué de croire en l’Homme. Quand il accède à la magistrature suprême le 9 mai 1994, ce héros tend la main à ses ennemis d’hier. Mandela n’a accordé aucune place à la rancœur.

« Je suis ici devant vous non pas comme un prophète mais comme votre humble serviteur. C’est grâce à vos sacrifices inlassables et héroïques que je suis ici aujourd’hui. Je mets donc les dernières années de ma vie entre vos mains. (…) Aujourd’hui, la majorité des Sud-Africains, noirs comme blancs, reconnaissent que l’apartheid n’a aucun avenir. Ce système doit être aboli d’un commun accord afin de reconstruire la paix et la sécurité. (…) La situation qui nous avait poussés à prendre les armes existe toujours aujourd’hui. Nous n’avons pas d’autre choix que de continuer », s’était prononcé le nouveau président de l’Afrique du Sud multiraciale (cf. Lemonde.fr).

Nelson Mandela, après une existence bien remplie, dédiée au service des autres, a quitté l’enveloppe charnelle le 5 décembre 2013, à l’âge de 95 ans. L’Afrique entière a pleuré son fils.

Depuis la lagune Ebrié, j’ai été pris de compassion pour mes frères et sœurs sud-africains, désormais orphelins. Ils venaient de perdre Nelson Mandela. Après les hommages et l’inhumation de « Madiba », je faisais partie de ceux qui s’inquiétaient pour l’Afrique du Sud.  Avec du recul, je pense n’avoir pas eu tort.

Comme dans bien de pays africains (dont le mien), à la disparition du « père de la nation », la guerre des héritiers plonge nos nations dans le désespoir. Les « enfants » de Mandela n’ont pas assuré. A en juger par les démissions de deux présidents successifs: Thabo Mbeki et Jacob Zuma. Avec la même ferveur qu’hier, Cyril Ramaphosa est accueilli.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on devrait à mon sens s’attendre à une triste répétition d’événements.

Le président qui a remplacé le président est venu aux affaires comme l’autre président…

Pourvu que l’histoire me fasse mentir, pourvu que l’avenir me fasse dédire, pourvu que Mandela les inspire !

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Richard Konan

Richard Konan

Journaliste de profession, je suis un véritable passionné de la communication. J'adore manier les mots pour donner vie à la vie.
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