Bonsoir chers amis. Le 8 mars  on est censé rendre hommage aux femmes non?

Assis paisiblement sous le baobab, je me suis mis à penser à cette célébration dédiée à la femme. J’ai l’impression que quotidiennement la femme n’est pas assez vue. Et quand arrive le 8 mars, hop! on la couvre de baisers, de compliments, de qualificatifs sortis des plus beaux livres de citations. On fabrique une « femme du 8 mars ». Cette femme-là est sans défaut. Pleine de qualités, elle plaît à tout le monde. Tous l’aime et l’adore. Tellement que certaines en sont jalouses. Imaginez-vous, les gouvernements du monde entier (particulièrement les ministères qui lui sont dédiées) pondent des messages à son honneur !

Il y a seulement quelques jours, les départements créés pour elle étaient tellement muets que le silence faisait plus de bruit. Mais aujourd’hui, les médias se mobilisent pour elle. Des soirées nec plus ultra sont organisées. Le décor est à couper le souffle. Tout est beau, juste pour le plaisir de la « femme du 8 mars », qui vit un vrai conte de fée. Le monde entier n’est-il pas à ses pieds? Si. Mais pour combien de temps?

Quand le lendemain du 8 mars, un nouveau soleil se lève, la « femme du 8 mars » retombe sur terre, désillusionnée. Tous ses admirateurs ont disparu. Plus personne ne parle d’elle. Ou peut-être que si, mais désormais au passé. Les habits somptueux qu’elle avaient revêtus perdent de leur couleur. Son visage hier si radieux n’attire plus personne. Le monde a repris ses habitudes, la vie son cours normal.

Et pourtant, il y a à peine un jour, la « femme du 8 mars » cristallisait les regards et l’attention. Maintenant, elle peut bien mourir dans un hôpital au cours d’un accouchement ou encore subir les violences sexuelles d’individus dépourvus de honte, cela n’émeut plus personne. Sa vie n’intéresse plus. On attend le 8 mars prochain pour passer la pommade sur ses blessures. La « femme du 8 mars » n’a pas le droit de souffrir à cette date. Elle a toute l’année pour le faire. Pas un « 8 mars », si précieux.

Ce tableau si pâle ne trouvera aucun acheteur. Pour la simple raison que la femme qui y figure est une métaphore de la tristesse et de la souffrance. Arrêtons de ne la célébrer que le 8 mars. Et si nous faisions en sorte que le 8 mars soit tous les jours. Qu’elle se sente aimée et entourée de personnes qui la comprennent. Que sur terre disparaisse la « femme du 8 mars » pour faire place à la femme. Tout simplement. A bientôt!

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Richard Konan

Richard Konan

Journaliste de profession, je suis un véritable passionné de la communication. J'adore manier les mots pour donner vie à la vie.
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2 thoughts on “« Femme du 8 mars » ? Non merci.

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